30.10.2007
Lecture de la lettre de Guy Môquet : un professeur répond à H. Guaino
Quand j’ai annoncé à mes élèves qu’il allait falloir interrompre le cours pour lire la lettre de Guy Môquet, sur ordre du Président de la République, ils ne comprenaient pas ; ils n’avaient qu’une seule question : pourquoi ?
Bien sûr, il serait facile de leur répondre : c’est pour rendre hommage à la Résistance française pendant la seconde guerre mondiale. Cela n’expliquerait pas pourquoi le Président de la République y tient tant ; il faudrait, au minimum leur dire : c’est parce qu’il veut exalter la grandeur de la nation française, pour vous rendre fier des actes héroïques de vos ancêtres.
Mais même cela ne suffirait sûrement pas, puisque, dans ce que le Président et le Ministère de l’Education nationale veulent que nous disions, il y a autant de faux que de vrai : non, Guy Môquet n’est pas un véritable résistant au nazisme ; et s’il a été fusillé par les Allemands, c’est avec la bénédiction du gouvernement de Vichy, qui a lui-même fourni une liste d’otages communistes pour éviter que l’« on ne fusille d’innocents français » en représailles à un attentat contre un officier allemand. L’histoire est complexe, et ne se prête pas volontiers aux simplifications qui permettent de fabriquer à peu de frais des héros en tous points parfaits, ni une nation en tous points héroïque. Il se trouve que, si Guy Môquet a été arrêté et emprisonné en 1940, c’est parce qu’il distribuait des tracts contre le régime de Vichy, mais pas du tout parce qu’il était un activiste anti-nazi ; à cette date, les communistes français ne s’opposaient pas au nazisme, parce qu’ils s’alignaient sur l’Union Soviétique, qui avait conclu un pacte de non-agression avec Hitler ; ils considéraient donc que les fauteurs de guerre, c’étaient non pas l’Allemagne, mais la France et l’Angleterre, et ils n’avaient pas de mots assez durs pour condamner De Gaulle et la Résistance naissante, considérés comme des valets de l’impérialisme capitaliste. C’est seulement en 1941, lorsque Hitler s’est retourné contre l’URSS, que les communistes français ont, en masse, décidé de s’engager dans la résistance contre l’Allemagne ; et le pauvre Guy Môquet s’est alors retrouvé dans le lot des prisonniers communistes français qui ont été livrés à l’occupant parce que les Allemands réclamaient vengeance contre les attentats de la Résistance.
L’histoire est complexe, disais-je : dans ces conditions, est-il bien raisonnable de vouloir en faire un usage purement émotionnel, où l’analyse critique ne joue aucun rôle, et dans lequel on se précipite aveuglément pour exhiber des héros, offerts à la contemplation des jeunes générations ? Si l’on s’entête dans cette démarche hasardeuse, cela doit être qu’on est prêt à tout pour mettre en scène l’idée de la grandeur de la nation. Et c’est bien ce qui s’est passé. « On », en l’occurrence, c’est avant tout Henri Guaino, conseiller spécial du Président de la République, et auteur d’un grand nombre des thématiques de campagne du candidat N. Sarkozy.
Lorsque des enseignants ont cru bon de protester contre la lecture de la lettre de Guy Môquet, H. Guaino les a vertement rappelés à l’ordre en leur disant (sur RTL, et dans « Libération »), qu’ils ont des devoirs à l’égard de la nation, et que rendre hommage à ce qui a fait la grandeur de la France fait partie de ces devoirs ; il même osé accuser les contestataires de n’avoir aucun sens du devoir.
A cela j’ai envie de répondre : - Oui, Monsieur Guaino, nous avons des devoirs. Je crois même que, en tant qu’enseignants, nous avons un devoir, qui est premier et suprême, celui de dire la vérité, et de ne pas enseigner sciemment l’erreur ; tout empêtré que vous êtes dans le culte de l’émotion, vous n’avez pu voir que l’histoire doit être abordée avec une impartialité et une objectivité, qui ont pour but, autant qu’il est possible, de la mettre à l’abri de toute interprétation partisane. Je croyais aussi – était-ce naïveté de ma part ? – que ce que l’Etat attendait de nous, c’était avant tout que nous remplissions ce devoir de vérité : me contraindrez-vous à réviser mon jugement sur ce point ? Vous nous dites également que ce sont les contestataires qui font preuve d’esprit corporatiste et partisan. Je vous demande alors : qui fait preuve d’esprit partisan ? N’est-ce pas d’abord celui qui impose une interprétation falsifiée du contenu de notre histoire, dans le but de provoquer des effets politiques soigneusement prémédités ?
Je ne peux me résigner à croire, toutefois, que les auteurs de cet étrange projet auraient, à des fins politiciennes, froidement et délibérément choisi de falsifier l’histoire, et d’embrigader par contrainte les enseignants dans cette falsification. Ce serait vraiment trop grave, et je me refuse à imaginer que certains de nos dirigeants – officiels ou occultes, comme H. Guaino – aient pu mettre au point une aussi terrible machination. Non, ce que je crois, c’est que, tout pressés qu’ils étaient de créer des événements censés souder les Français autour d’émotions liées à leur passé commun, ils n’ont tout simplement pas pris le temps d’étudier à fond le dossier concerné, et n’ont pas cherché à s’informer correctement sur les circonstances historiques réelles de la mort de Guy Môquet. Leur seule faute est d’avoir fait preuve de légèreté et d’impréparation dans leur entreprise. Autant dire que, sur le fond, je ne crois pas qu’il y ait lieu de dresser un réquisitoire contre leur personne.
Mais je crois, par contre, qu’il y a lieu de dresser un réquisitoire sans complaisance contre les arrières-pensées politiques sous-jacentes à leur projet. D’abord, ils ne comprennent pas assez que l’histoire est une entreprise intellectuelle sérieuse, et qu’à l’égard de notre passé il faut donc savoir garder une attitude distanciée, objective, et impartiale ; l’histoire n’est pas un jouet ou un gadget destiné à susciter à volonté de l’émotion chez un public réceptif ; dès que l’on adopte une telle attitude à l’égard de l’histoire, tous les débordements – et parfois les plus dangereux – deviennent possibles. Non pas que l’émotion soit en elle-même mauvaise ou nuisible : mais elle doit, à chaque fois, être soigneusement accompagnée d’un cadre intellectuel, qui a pour fonction de garantir qu’elle est légitime et utile. Dans le cas auquel nous avons présentement affaire, ce cadre est tout à fait absent. L’enquête préliminaire sur le contenu des faits censés susciter l’émotion n’a même pas été effectuée !
Ensuite, le devoir d’impartialité implique que nous prenions en compte tous les faits, qu’ils soient déplaisants ou admirables, et que nous ne nous livrions pas à un choix personnel aboutissant à passer sous silence ceux qui nous déplaisent et à monter en épingle ceux qui suscitent notre admiration. L’histoire d’un pays est un tout, nous devons le prendre comme il est, sans nous voiler la face pour acheter à peu de frais la conviction exaltante que nos ancêtres sont tous des héros.
En ce sens, il est absolument illégitime de prétendre mettre l’histoire au service de la construction d’une « identité nationale », dans laquelle ne se retrouveraient que les « bons » aspects du passé et où les « mauvais » auraient été soigneusement mis entre parenthèses. Une telle conception de l’identité nationale sous-entend que ce qui nous définit actuellement, et ce qui nous soude entre nous, c’est notre passé ; pour que ce système fonctionne bien, il faut naturellement que notre héritage commun soit exaltant et valorisant, et cela risque d’amener tôt ou tard – quand bien même on prétendrait au début s’en défendre – à réécrire l’histoire, en gommant soigneusement tous les épisodes déplaisants, et en ne gardant que les épisodes gratifiants – ceux qui nous offrent des héros à admirer, dont le culte célébré en commun nous permettra de nous sentir tous ensemble « fiers d’être français ». La construction d’une « identité nationale » fondée sur l’histoire, non seulement instrumentalise notre passé, mais risque à terme de remettre en question la possibilité même de l’étudier objectivement et de repérer les responsables des crimes qui ont pu y être commis. De ce point de vue, ce n’est peut-être pas tout à fait un hasard, si, pendant la campagne présidentielle, le candidat N. Sarkozy, sous l’influence de H. Guaino – toujours le même – a déclaré que la France, n’a été, pendant la seconde guerre mondiale, en aucune façon coupable de crime contre l’humanité – traduisons, ne porte aucune responsabilité dans le massacre des Juifs français par les Nazis. Bien sûr, l’Etat français sous Vichy, ce n’est pas la même chose que l’ensemble des Français, et on peut toujours discuter de la légitimité du régime de Vichy : mais au fond, qu’est-ce que cela change ? Cela n’empêche pas, qu’on le veuille ou non, que les rafles de Juifs ont bien eu lieu, entre autres parce que des Français, au nom de l’Etat, les ont organisées, et ont ensuite envoyé les Juifs en convois vers les camps de concentration allemands. Cela, ce sont des faits, et notre pays serait assurément en grand danger si, du jour au lendemain, il commençait à vouloir nier des faits (dont la reconnaissance n’a du reste été acquise qu’au prix de patients efforts), sous le prétexte de conforter une hypothétique identité nationale.
Et quand le gouvernement nous laisse entendre que l’hommage aux héros de la Résistance victimes de la barbarie nazie constitue un « devoir de mémoire » essentiel pour la France et pour le monde, il nous faut impérativement répondre : oui, il y a un « devoir de mémoire », il y a un devoir de faire mémoire des actes héroïques de la Résistance, mais il y a un devoir, tout aussi pressant, de rendre hommage aux victimes des tragédies politiques du passé, et l’une des composantes de ce devoir, c’est de faire toute la lumière sur les circonstances de leur mort, pour que les responsabilités soient clairement établies. Guy Môquet, tout comme les milliers de Juifs français assassinés sont aussi des victimes de la collaboration ordinaire. N. Sarkozy, qui tient tellement à défendre les droits des victimes, pourrait tout de même le comprendre, et peut-être d’ailleurs l’aurait-il déjà compris, s’il n’était pas sous le charme des sirènes de H. Guaino.
Et quand on nous dit : « la mémoire de la seconde guerre mondiale est encore aujourd’hui une condition du vivre-ensemble » (BO du Ministère de l’Education Nationale 30-08-07), cela laisse perplexe. Que faut-il comprendre ? Que la mémoire de la seconde guerre mondiale permet de lutter efficacement contre l’antisémitisme ? Si c’est cela, très bien. Mais si par hasard c’était autre chose ? S’il s’agissait de nous dire (et il semble bien que ce soit le cas) que dans notre société, qui a aujourd’hui tendance à se désagréger, on va résoudre la crise du lien social avec des opérations de célébration du passé national ? Ce ne serait alors qu’une triste poudre aux yeux ! Il conviendrait bien plutôt que le gouvernement tienne, haut et fort, un discours de paix sociale tourné vers le présent et vers l’avenir, et qu’il mette ensuite en accord ses actes avec ses paroles.
Il y a bien un devoir de mémoire, mais il doit être pensé sous l’angle intellectuel avant même d’ouvrir les vannes à une éventuelle émotion, et ceci nécessite à coup sûr que l’on fasse preuve d’objectivité à l’égard du passé. Au lieu de cela, ce qu’on nous propose aujourd’hui, c’est un « devoir » de partialité, visant à instaurer une conception émotionnellement idéalisée du passé français. Il faut le dénoncer. Car nous avons une dette à l’égard de l’humanité et de la nation : nous leur devons la vérité sur notre passé. Et nous avons un devoir envers notre peuple : celui de préparer son avenir par des mesures de paix sociale.
20:25 Publié dans éducation nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : H.Guaino, N.Sarkozy
29.10.2007
F. Bayrou à Seignosse : "j'ai avec N. Sarkozy un conflit de valeurs"
(version condensée réalisée par mes soins, vous pouvez trouver la version intégrale sur www.bayrou.fr )
Nous porterons un seul nom – et c’est un grand nom – le Mouvement Démocrate. Le temps est venu que nous nous définissions, non pas par rapport aux autres, mais par rapport à nous-mêmes, à ce que nous sommes, à ce que nous voulons. Je n’ai jamais renié ce qu’il y a de juste dans l’aspiration du centre ; mais dire « centre », c’est se définir par rapport à la droite et par rapport à la gauche. Et nous, nous sommes démocrates ! Nous sommes démocrates, d’abord parce que « démo » veut dire « peuple », et parce que nous croyons au peuple davantage qu’à toutes les oligarchies, à toutes les confiscations de pouvoir et de privilèges. Nous sommes démocrates parce que nous croyons que l’état de citoyen est un état supérieur d’appartenance à la Cité. Et il y a un grand courant démocrate en formation dans le monde. Et le monde a besoin de ce courant.
En France avec nous, et bientôt, je le crois, dans l’ensemble des pays européens, l’organisation des démocrates dira que l’avenir ne se résume pas à la fatalité et à la soumission aux dominants.
La question est celle-ci : soumission ou résistance au modèle dominant dans le monde ? Il y a un modèle dominant, extraordinairement efficace, extraordinairement puissant. Ce modèle, c’est ce que j’ai appelé le « modèle d’inégalité croissante », où les inégalités s’accumulent au travers des générations. Une étude parue cette semaine montre que l’augmentation du niveau de vie des Etats-Unis, ces dernières années, a profité entièrement aux 5 % les plus riches de la population américaine, et, pour la moitié, aux 1 % les plus riches. Les 95 % autres, ceux qui travaillent, ceux qui triment, pour créer une croissance de l’ordre de 4 % par an, ceux-là ont stagné et reculé ! C’est une société inégalitaire, et ce n’est pas l’aspiration de la société française. L’inégalité croissante comme moteur des sociétés ; l’accumulation continue de capital au profit de quelques uns ; la prééminence de l’univers financier, obsédante, et qui fait que ce qui défile constamment au bas des écrans des chaînes d’information, ce sont les cours de la Bourse ; l’influence incroyable de cet univers sur la politique américaine – tout cela, c’est un modèle de société, et ce n’est pas le nôtre.
Je croyais, je crois, je croirai toujours que face à ce modèle dominant, quand bien même tout le monde plierait, il y aurait toujours dans le monde une résistance, et que cette résistance, c’est celle de la France ! Et si j’ai eu depuis longtemps une confrontation avec Nicolas Sarkozy, une confrontation sur le fond, c’est sur ce modèle de société. J’ai avec lui un conflit de valeurs, et cela va bien plus loin qu’une divergence sur les « mesures », comme on dit, qu’il faut décider et prendre. Ses choix montrent qu’il conduit la France, non pas à la résistance contre ce modèle dominant, mais à l’alignement sur ce modèle dominant !
C’est une question de valeurs ! Tous les hommes d’Etat français, depuis le premier jour de la cinquième République, tous ont partagé implicitement le même patrimoine de valeurs profondes. Qu’ils fussent de droite, de gauche, du centre, et pour certains, au-dessus, – ils avaient en commun une chose : ils ne s’alignaient pas. Ils étaient les porteurs et les garants de cette flamme de l’indépendance française, et de cette idée que nous, France, parmi les nations, notre destin était de porter des valeurs universelles pour le monde ! Chacun à sa manière, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac.
Et dans cette chaîne, voilà la rupture. Pour la première fois, avec des grands mots, avec de grandes figures, avec des citations à la pelleteuse de Jaurès – en réalité, au-dessous, l’œuvre entreprise, c’est l’alignement de la France sur le modèle qui domine le monde, et sur l’administration qui l’incarne le plus ouvertement. Le modèle où l’on propose l’argent comme valeur ! La ministre de l’économie, l’a dit, naïvement peut-être : le but du gouvernement, c’est de « réhabiliter l’argent, corollaire du succès ». Je pensais qu’il y a bien des choses à réhabiliter en France : l’effort, l’esprit critique, l’idée de justice, l’esprit démocratique, la séparation des pouvoirs, le respect des citoyens, l’amour de la liberté, mais j’avoue qu’il ne m’était pas venu à l’esprit que le but du gouvernement de mon pays pût être de réhabiliter l’argent. Et je conteste, en tant que père de famille, que le gouvernement vienne me dire que l’argent est le « corollaire du succès ». Comme pères de famille, comme éducateurs, nous passons notre vie, et c’est parfois difficile, à expliquer qu’il y a autre chose dans la vie, d’autres dignités, d’autres grandeurs, d’autres succès que l’argent ! Et nous aimerions bien que le gouvernement nous aide dans cette bataille qui consiste à transmettre à nos enfants une hiérarchie des valeurs, morales, intellectuelles, philosophiques, spirituelles !
L’argent, les biens matériels, il en faut, il y a beaucoup de gens qui en manquent ; quelque chose me dit qu’il y aura dans les mois qui viennent, beaucoup de Français qui en auront moins. Les premières décisions du gouvernement, les premiers votes de la majorité ont été pour distribuer 15 milliards d’euros que la France n’avait pas, aux plus aisés de nos compatriotes. On a aggravé le déficit du pays alors qu’il fallait le réduire, pour faire, selon le mot du Ministre des Finances allemand, des cadeaux à une clientèle électorale. Et bien sûr, ce n’est pas juste. Mais mon inquiétude va au-delà : je crains que ce ne soit contre-productif. Car si on voulait dépenser cet argent, il fallait le concentrer sur la production et l’emploi (c’est ce que je proposais, à ma manière, de faire avec les deux emplois sans charges). Quand le moment viendra où, en raison de ces décisions, nous allons être rattrapés par la réalité – par l’impératif des comptes qui dérapent – alors ces largesses vont revenir en boomerang, et les Français vont répondre : « vous nous demandez des efforts à nous qui avons peu, pourquoi alors avez-vous été si généreux avec ceux qui ont beaucoup ? ».
Il y a dans la majorité des hommes et des femmes de droite qui, sans pouvoir le dire, sans oser le dire, partagent cette inquiétude. Mais – et c’est un drame pour la France – nous avons des institutions qui interdisent la parole libre. Nous avons des institutions et une pratique institutionnelle qui sont indignes d’un grand pays comme le nôtre, indignes d’une démocratie ! Nous, le pays de la Révolution, nous acceptons tous les jours quelque chose qui n’est accepté dans aucun autre pays du monde démocratique : nous acceptons l’absolutisme présidentiel ! Le Président de la République décide de tout, tranche sur tous les sujets, le gouvernement a disparu. Chacun pour être bien vu du pouvoir se précipite dans un concours de lèche permanent, le cirage de pompes est devenu un sport national dans notre pays. Les journaux économiques les plus sérieux vous expliquent que les grandes décisions qui vont concerner l’avenir économique de la nation ne peuvent être prises que par le Président lui-même. Et l’absolutisme présidentiel est devenu tel que le secrétaire général de l’UMP s’est cru obligé de faire une très sérieuse déclaration publique pour dire qu’il va falloir que l’on règle en France le statut de l’épouse du chef de l’Etat : « il faut le faire, dit-il, nous sommes en retard : les monarchies ont traité cette question depuis longtemps ». En quel temps vivons-nous, qu’il faille rappeler au premier responsable du parti au pouvoir que, précisément, nous ne sommes pas une monarchie – nous sommes une République, et nous avons bien l’intention de le rester ?
Nous nous fixons comme but, comme citoyens, de faire sortir la République de l’absolutisme et de la faire entrer dans l’ère nouvelle d’une authentique démocratie, comme celles qui existent dans les pays du même niveau de développement que le nôtre. Et pour cela, de retrouver la pierre de fondation de toute constitution démocratique, qui est la séparation des pouvoirs.
Nous allons commencer dans les semaines qui viennent la construction qui consiste à défendre dans notre pays une idée d’une démocratie de plein exercice, dans laquelle les citoyens sont pris au sérieux, et pas seulement considérés comme des objets de communication.
17:45 Publié dans valeurs fondamentales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : F.Bayrou, N.Sarkozy, valeurs


