14.04.2009

QUELLES REPONSES DURABLES A LA CRISE ?

 

C’est l’idée originale du Mouvement Démocrate : la réponse durable et efficace à la crise passe par l’instauration d’une régulation économique à l’échelle de l’Europe. D’où l’importance de la prochaine élection européenne.

Méfions-nous des plans de relance de la consommation inutilement coûteux, injustes et inefficaces. La crise économique actuelle n’est pas, fondamentalement, une crise de la consommation. Elle d’abord été une crise des liquidités : c’est-à-dire que les banques, par suite des pertes occasionnées par la crise des crédits hypothécaires subprimes, se sont retrouvées en déficit de sommes liquides à prêter aux particuliers et aux entreprises. Cette phase de la crise, grâce à l’intervention des différents Etats pour renflouer les banques, est en grande partie résorbée. Ensuite a suivi une crise de la confiance : les valeurs boursières ont chuté, les entreprises ont anticipé, de façon assez irrationnelle, des baisses de commandes et ont réduit leur production, licenciant ou mettant au chômage technique une partie de leurs employés. C’est ensuite que la consommation a commencé à baisser, la panique s’emparant des ménages. En réalité, seules les victimes de la remontée du chômage ont réellement été contraintes de diminuer leur consommation par la crise. Les revenus des autres de nos concitoyens sont restés inchangés (même si, il est vrai, le pouvoir d’achat avait déjà subi une légère érosion dans les années qui ont précédé, par suite de l’inflation, et si les petits commerçants voient eux aussi chuter leurs revenus lorsque les achats diminuent). Seuls les plus modestes des Français – spécialement les chômeurs, les travailleurs précaires ou employés à temps partiel, et les jeunes qui n’ont encore jamais travaillé – sont véritablement victimes de la crise et ont été contraints par elle de réduire leur consommation : c’est vers eux, et vers eux seuls qu’il convient de diriger les mesures de relance par la consommation, et qu’elles doivent être accordées de façon généreuse. Ce sont eux qui ont besoin d’argent supplémentaire pour vivre et le dépenseront immédiatement si on leur en distribue, ce qui contribuera à faire repartir la consommation. Leur attribuer une somme d’environ mille euros par personne serait opportun sur l’ensemble de l’année en cours.

En revanche, il serait aussi inutile qu’injuste de procéder à des distributions massives d’argent public, pour faire repartir la consommation, en direction des autres couches de la population : diminuer les impôts directs ou baisser la TVA serait ruineux pour les finances publiques, injuste et probablement inefficace. Une baisse de la TVA sur tous les produits profiterait aussi, et bien inutilement, à ceux qui n’en ont pas besoin. Et ceux de nos concitoyens qui sont imposables sur le revenu cette année – même modestement – ne sont pas, dans leur majorité, ceux qui sont touchés par la crise. Si on leur distribue de l’argent sous forme de remise d’impôt sur le revenu, cet argent sera en majorité dirigé vers l’épargne, comme semblent l’indiquer différents sondages récents. Cela n’aura donc au bout du compte aucun effet de relance ; et ce ne serait pas juste, puisque ce n’est pas eux qui en ont véritablement besoin.

Le Mouvement Démocrate propose également un train d’autres mesures :

-         supprimer les stock-options pour les sociétés cotées en bourses (elles sont utiles seulement pour les jeunes entreprises cherchant à se developper)

-         rendre transparente l’échelle des rémunérations dans l’entreprise (ce qui exercera une effet dissuasif  à l’égard des rémunérations patronales exorbitantes)

-         rétablir les plus hautes tranches de l’impôt sur le revenu (non seulement supprimer le bouclier fiscal, mais éventuellement augmenter les taux d’imposition pour les tranches supérieures). C’est un principe élémentaire de justice que les charges de solidarité doivent être réparties entre les citoyens en proportion de leurs facultés financière.

-         limiter la rémunération des dirigeants politiques (en période de crise, ils doivent être les premiers à montrer l’exemple).

 

Pour le reste, c’est un plan de relance par l’investissement qui est nécessaire. Mais il n’aura de caractère efficace et durable que s’il ne se contente pas de poser des rustines sur l’ancien système. Or, c’est pourtant ce qui vient d’être fait par le gouvernement français : il nous propose un plan de relance par l’investissement qui cherche à perpétuer l’ancien système sans rien effectuer des changements nécessaires, mis à part quelques mesures symboliques dont la portée réelle reste à confirmer (comme la fameuse publication de la liste des paradis fiscaux). Il nous parle de « moraliser » le capitalisme par une régulation, mais il échoue complètement à concevoir un projet de régulation véritablement novateur. Il ne voit pas que la régulation indispensable de notre vie économique doit nécessairement passer par l’Europe. Il ne voit pas non plus – alors qu’aux Etats-Unis Obama l’a bien vu – l’importance de lier réponse à la crise et promotion du développement durable.

Le Mouvement Démocrate propose un véritable plan d’action pour sortir de la crise économique grâce à une concertation au niveau européen, et prenant en compte l’importance des exigences écologiques :

-         concevoir un plan européen de relance de l’investissement à l’échelle européenne, centré sur une croissance « verte », écologique, et financé par un emprunt européen

-         rédiger une « charte européenne » de principes en matière financière, avec la création d’un Conseil européen de coordination économique, chargé d’instaurer une régulation dans l’espace économique européen

-         réaliser une harmonisation de la législation européenne en matière de fiscalité, pour éviter la concurrence fiscale déloyale exercée par certains Etats (ce type de concurrence favorise les délocalisations vers les Etats en question).

Enfin, le projet chinois de créer dans le monde une monnaie de réserve internationale différente du dollar est à soutenir : n’oublions pas que la crise nous est venue des Etats-Unis et que l’endettement excessif de l’Etat américain reste un problème très inquiétant pour les années à venir.

Votons pour construire une Europe qui mettra un terme aux ravages de la déréglementation économique dont nous sommes en train de faire les frais. Le capitalisme ne se régulera pas tout seul, car il a pour essence la recherche du profit sans limite, y compris par la spéculation, qui ne crée aucune richesse réelle. Luttons contre la crise par notre vote aux élections européennes !